Les risque d'une désaffection massive...

et d'une perte de confiance irréversible !

Les défis à venir

La souveraineté d'Internet

Le premier défi et non des moindres auquel l'Internet est d'ores-et-déjà confronté, concerne sa souveraineté. Doit-elle (re)devenir nationale ou restée transnationale ? Cette souveraineté est pourtant aussi fondamentale que celles de la santé, l’éducation, la défense, les ressources de base ou l’énergie. En somme, l'Internet n'est pas et ne devrait en aucun cas devenir, un tout américain.

La fin de l'anonymat

Le dirigeant d’une plateforme Web doit être tenu pour responsable devant la Loi de l’ensemble des contenus qu’il publie, tout comme l'est le rédacteur en chef d'un titre de presse. L'arsenal juridique est déjà existant. Il est donc inutile de se lancer dans une nouvelle vague de spéculations interminables sur les supposés vides juridiques.

Il s'agit ensuite d'engager la responsabilité du citoyen qui doit comprendre s'il ne le sait pas déjà, qu'il ne peut évidemment pas se comporter dans la rue comme il le ferait sur une plateforme Web. La distance et la virtualisation toute relative n'excusent en rien le déchaînement de violence, la calomnie ou l’appel au meurtre.

De plus, la fin de l'anonymat ne s'oppose pas au droit à l’oubli qui devrait devenir le plus rapidement possible un droit inaliénable, inscrit dans la Constitution d'une nation démocratique.

Lever l'opacité sur les profilages

Les profilages anonymes doivent cesser. C'est à l'échelle d'un pays, une question de sécurité intérieure ou bien alors les gouvernements sont de facto complaisants. En ce cas, il s'agit de l'une des plus graves violations des Droits fondamentaux de l'Homme, depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Endiguer la violence

Cette violence en apparence protéiforme, se repère et peut se segmenter en réalité de façon prévisible. Les algorithmes ne sont pour l'heure, que très insuffisants ou beaucoup trop (et volontairement) limités.

Ce sont donc désormais des ressources humaines beaucoup plus importantes qui doivent être mises à disposition afin d'intensifier et d'affiner la modération, à la seule condition que les responsables de la plateforme connaissent l'identité des utilisateurs, d'ailleurs eux-mêmes clairement et légalement prévenus.

Plus globalement, si l’on extrapole le débat, il est plus qu'urgent de déterminer qui doit dorénavant assumer l'éducation nécessaire au sens large du citoyen dans les sociétés démocratiques actuelles. Car les comportements nuisibles ne le sont pas que sur Internet. L'Internet a agi là, simplement comme un révélateur et un accélérateur.

Clarification des termes et conditions d'utilisation

Les termes et conditions d'utilisation de sites ou d'App. Web doivent être simplifiées et clarifiées. Nul ne devrait être contraint de lire des dizaines de pages, ou bien il conviendrait alors de créer deux versions, une résumée mais fondamentale, l'autre approfondie et détaillée.

L'Internet de la délation

L’auto-censure est-elle une mauvaise nouvelle pour Internet ? Oui, autant que pour les réseaux sociaux. L'expression démocratique qui s'étoufferait volontairement... et c'est une perte monumentale pour la qualité des échanges et la finalité d'Internet.

Dans un autre registre, privilégier la délation hormis dans les cas de menaces terroristes ou de menaces graves imminentes, c'est se reposer abusivement et dangereusement sur l'Internaute.

Quant à la délation induite, feutrée et systémique des grandes compagnies, l'État seul et unique détenteur des prérogatives régaliennes doit pleinement jouer son rôle de régulateur à l'encontre de toutes formes de discrimination.

Nul ne peut être au-dessus des lois.

"Big Brother"

Le tout connecté pose le problème de la disparition du citoyen libre, de son individualité, pire de son intégrité. Une déclaration universelle des Droits imprescriptibles de l'Homme existe pourtant depuis 1948. Le numérique n'y échappe pas. Il ne peut s'affranchir des traités et conventions internationales.

La victoire finale des grandes plateformes (GAFAM) ?

En cas de victoire de ce que certains considèrent être l'oligarchie du numérique, nous risquons l'appauvrissement généralisé de la biodiversité du Cyberespace et la confirmation de ce que beaucoup craignaient, celle d'un coup d'état à l'échelle mondiale (la laisse numérique). Pourrait-on même parler en ce cas, de dérive mafieuse ?

La malédiction du "tout est faux"...

Il faut rétablir les conditions de restitution de la vérité factuelle, coûte que coûte, en armant et éduquant le citoyen-utilisateur contre toutes les formes de manipulations.

La traque des fake news n'est qu'un aspect de cette lutte. Ce phénomène n'est pas spécifique à l'Internet et ne date pas d'hier. Il existe d'autres menaces de ce type, dont certaines émanent d’ailleurs directement des gouvernements. Le risque d'une désaffection majeure si Internet ne devient plus que smoke and mirror, est bien réel.

Sa crédibilité sera anéantie!

Si l'Internet se métamorphose en ce cheval de Troie que tout un chacun est en droit de redouter, un épuisement social et une lassitude restent à craindre, quant à une soumission à ce dernier.

Un contrat sociétal (utilisateurs et acteurs) et politique (gouvernants et citoyens), devra être proposé afin de restaurer la confiance et d'encadrer les pratiques.

Dangers imminents ou potentiels

L'Internet reste encore aujourd'hui une jeune technologie qui ne cesse de repousser très, voire trop rapidement les frontières, entraînant le risque d'une régulation majeure et brutale de la part des gouvernants dans les mois et les années qui viennent.

L'impact écologique d'Internet et de la téléphonie mobile constitue de plus une autre préoccupation importante, aussi bien pour les acteurs du Web que les États souverains.

Les différents types d'addictions qu'entraînent les dépendances aux pratiques du numérique risquent de bouleverser sur le très long terme la biochimie même du cerveau, un fait qui ne passe plus inaperçu devant les autorités légitimes chargées de la santé publique.

Il est urgent de procéder à une éducation à de multiples niveaux de l'utilisateur, afin de lui permettre d'acquérir une maturité numérique.

L'équilibre entre réel et virtuel doit ainsi devenir la préoccupation de tous.

D'un point de vue générationnel, la disparition du travail nécessaire de la mémoire sur le moyen et le long terme, au profit de la mémoire que l'on pourrait qualifier d’ultracourte, est un autre défi majeur.

Pour conclure, le danger d'une contre-révolution numérique, motivée par le refus des carcans est tout à fait envisageable. Elle consisterait par exemple, comme effet, l'abandon de toutes dépendances au numérique, identifiées comme nuisible, tout comme l'est le moteur diesel d'un véhicule.

Page mise à jour le 31 août 2021

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10 bonnes raisons de s’en méfier et de s’en libérer
Jaron Lanier
Date de parution : 2020 / DeBoeck Supérieur
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La dictature invisible du numérique
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Date de parution : 2017 / Robert Laffont
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